"Je déteste par-dessus tout être pris pour un imbécile par un politicien", Claude Chabrol
Animation Brice COUTURIER et Julie CLARINI
Comment faire revenir aux urnes les classes populaires ?
On a pu croire un moment que les Français reprenaient du goût pour la politique, qu’ils attendaient à nouveau d’une élection des changements pour leur propre vie. C’était en 2007, et la présidentielle a vu les électeurs se ruer sur les urnes. Oubliés, les « accidents » de la présidentielle de 2002, ou du référendum de 2005 ? Pas si sur, à constater les taux de participation aux récentes élections régionales : plus d’un électeur sur deux (53,6 % des inscrits) est resté chez lui. C’est surtout parmi les classes populaires que prévaut la désillusion envers la politique et les politiciens. Une partie croissante de la population constate une dégradation de ses conditions d’existence que rien ne semble plus pouvoir enrayer. Dans certaines banlieues sensibles, on observe des taux de participation qui tournent autour des 25 %, comme à Vaulx-en-Velin, Sarcelles, ou Clichy-sous-Bois. « Une partie de la population vit en autarcie par rapport au reste de la société. Ils considèrent que les institutions ne méritent pas qu’on s’y intéresse. Ils ont leur vie à eux, réglée par d’autres codes », expliquait au lendemain du 2° tour des régionales le maire de Monfermeil, l’UMP Xavier Lemoine. Que vaut une démocratie quasi-censitaire à laquelle plus de la moitié de la population a cessé de s’intéresser ? Peut-on se résigner à voir les classes populaires décrocher définitivement de la politique et ne plus rien attendre de ses élus ? Quelle est la légitimité d’élus qui ne représentent qu’une fraction déclinante de la population ? Le décrochage entre les catégories populaires et des élites qui leur paraissent incapables de prendre en charge leurs problèmes est-il définitif ?
Invités
On a pu croire un moment que les Français reprenaient du goût pour la politique, qu’ils attendaient à nouveau d’une élection des changements pour leur propre vie. C’était en 2007, et la présidentielle a vu les électeurs se ruer sur les urnes. Oubliés, les « accidents » de la présidentielle de 2002, ou du référendum de 2005 ? Pas si sur, à constater les taux de participation aux récentes élections régionales : plus d’un électeur sur deux (53,6 % des inscrits) est resté chez lui. C’est surtout parmi les classes populaires que prévaut la désillusion envers la politique et les politiciens. Une partie croissante de la population constate une dégradation de ses conditions d’existence que rien ne semble plus pouvoir enrayer. Dans certaines banlieues sensibles, on observe des taux de participation qui tournent autour des 25 %, comme à Vaulx-en-Velin, Sarcelles, ou Clichy-sous-Bois. « Une partie de la population vit en autarcie par rapport au reste de la société. Ils considèrent que les institutions ne méritent pas qu’on s’y intéresse. Ils ont leur vie à eux, réglée par d’autres codes », expliquait au lendemain du 2° tour des régionales le maire de Monfermeil, l’UMP Xavier Lemoine. Que vaut une démocratie quasi-censitaire à laquelle plus de la moitié de la population a cessé de s’intéresser ? Peut-on se résigner à voir les classes populaires décrocher définitivement de la politique et ne plus rien attendre de ses élus ? Quelle est la légitimité d’élus qui ne représentent qu’une fraction déclinante de la population ? Le décrochage entre les catégories populaires et des élites qui leur paraissent incapables de prendre en charge leurs problèmes est-il définitif ?
Invités
- Gaël Brustier. Collabore à la rubrique « livres » du Monde Diplomatique
- Dominique Reynié. Directeur général de la Fondation pour l'Innovation Politique
Professeur des Universités en science politique à l’Institut d’études politiques de Paris
- Laurent Bouvet. Professeur de Sciences Politiques à l'université de Sophia-Antipolis de Nice et à Science Po Paris
- Roland Muzeau. Député PC des Hauts de Seine, 1er Adjoint au maire du Gennevilliers
DU GRAIN A MOUDRE 13.04.2010.mp3
(35.78 Mo)
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Gaël BRUSTIER

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