A NANTERRE LE 15 AVRIL A L'INVITATION DU MRC

Rédigé par Gaël BRUSTIER le Mercredi 31 Mars 2010 à 22:22 | Permalien | Commentaires (0)
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UN VOYAGE IMAGINAIRE ET UN PASSEPORT POUR LA LIBERTE INTELLECTUELLE.
Voici un voyage à entreprendre au plus vite ! Didier Motchane vient de nous livrer, avec son « Voyage imaginaire à travers les mots du siècle » (Editions Fayard, mars 2010), quelques intéressantes clés pour comprendre notre époque et son fonctionnement. C’est un livre de passion et de pudeur qui nous ouvre les chemins d’une plus grande intelligence du monde en nous libérant de l’air du temps... Abécédaire vivant et libre donc, qui emmène son lecteur survoler les mots de notre temps pour mieux les observer, les détailler et s’en libérer… Une libération, voilà ce que ce voyage immobile peut représenter pour l’esprit de ses lecteurs…

Pour ceux qui s’intéressent le plus à la politique, il est sans doute opportun de rappeler que Didier Motchane fut le rédacteur de la motion de synthèse du Congrès d’Epinay, qui se résumait en fait largement à la motion déposée par le CERES, légèrement amendée par Pierre Joxe. Stratégie d’union de la Gauche, programme commun de gouvernement, « « importation » de François Mitterrand », les apports du CERES à la gauche français sont nombreux et l’on comprend d’autant mieux le léger rictus, marque d’un remord par rapport à eux même plus que par rapport aux fondateurs du CERES, qui saisit les responsables socialistes lorsqu’on leur parle de ce courant du PS, fondé justement par Didier Motchane, Jean-Pierre Chevènement, Pierre Guidoni et Alain Gomez en 1966. Evidemment, on ne saurait que conseiller aux militants (et à fortiori aux dirigeants) socialistes la lecture de l’entrée « Poing et la Rose » (sinon de l’ensemble du livre) qui leur révélera l’histoire méconnue de l’emblème du Parti Socialiste, inventé par Didier Motchane, et leur permettra ainsi de prendre la véritable mesure de ce que le PS en a fait…

En une époque où le poids du prêt à penser se fait plus pesant que jamais, où la censure devient une hypothèse « évidente » dans l’esprit de certains, où le débat politique disparaît ou bien est souvent ramené à des querelles de postures égotistes et d’exhibitions narcissiques, la description des « quatre cavaliers de l’Apocalypse de la liberté » que sont « la bien-pensance, le conformisme, la pensée unique et le politiquement correct » instruiront sur la nécessité de tenter, tous les jours, une émancipation par rapport aux idées reçues et aux fausses évidences.

Une évasion, ce Voyage imaginaire en est une. Une évasion qui permet de franchir les brumeuses murailles de l’air du temps, de reconquérir le temps long aussi et de se libérer des chaînes qui empêchent l’esprit de progresser. Un livre passionnant donc, à lire, relire, consulter, compulser quand le besoin ou l’envie saisit le lecteur…

Rédigé par Gaël BRUSTIER le Mardi 30 Mars 2010 à 21:49 | Permalien | Commentaires (0)
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LE JSL DU 9 MARS : DEDICACE A GUEUGNON

Rédigé par Gaël BRUSTIER le Jeudi 25 Mars 2010 à 10:28 | Permalien | Commentaires (0)
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Le scrutin de dimanche est une nouvelle preuve d’un phénomène qui frappe la gauche. Son électorat est devenu extrêmement volatil. Il passe d’une chapelle à l’autre au fil des scrutins. La prime revenant aux électeurs écologistes.


SUR MARIANNE2.FR : L'IRRESISTIBLE LEGERETE DE L'ELECTEUR DE GAUCHE

Comment le Parti socialiste est-il passé de 16,48% des suffrages aux européennes (jouant même des coudes avec Europe écologie) à 29,14% des voix (1) lors de ce premier tour des régionales ? Comment a-t-il pu attirer 5,8 millions de votants dimanche dernier avec en toile de fond une abstention record, quand ils n’étaient que 2,8 millions en juin 2009 ? Vote sanction à l’égard du gouvernement ? Vote utile bénéficiant au PS ? Démobilisation de l’électorat de droite ? Rémission du Parti socialiste sous la férule d’Aubry ? Prime aux sortants ? Il existe en vérité une multitude de raisons qu’éditorialistes et responsables politiques se sont empressés d’avancer. En voici une autre : peut-être que le PS — et plus généralement la gauche dans son acceptation la plus large — doit-il faire face à un phénomène moins visible, celui d’un électorat devenu volatil, un électorat SCF, Sans Chapelle Fixe.




Lire Badiou et voter Bayrou !
Pour Gaël Brustier, docteur en sciences politiques et auteur avec Jean-Philippe Huelin du livre Recherche le peuple désespérément (2), cet électorat de gauche qui ne sait plus vraiment où il habite (politiquement parlant, on s’entend) existe bel et bien : « Certains électeurs peuvent passer de François Bayrou à Ségolène Royal entre le premier et le second tour de la présidentielle puis à Europe écologie aux européennes et, aux régionales, finir au PS de Martine Aubry. Cet électeur-là est capable de lire Alain Badiou et, dans le même temps, de voter Bayrou ! » Cet « électeur-là » au tempérament plus qu’indécis, donnant le sentiment de choisir ses bulletins de vote comme des programmes télé, ne vit pas n’importe où selon Brustier : « L’ouvrier du Creusot qui votait à gauche pour un parti continuera à voter pour ce parti. L’électorat des villes-centres, lui, est d’une volatilité totale. Pour ses habitants, PS, Europe écologie, MoDem constitue un vote interchangeable. Cet électorat, qu’on pourrait appeler « bobo » pour caricaturer, est un électorat très infidèle. C’est une espèce de touche-à-tout. » Seule constante que cet électeur retrouvera finalement d’une chapelle à l’autre : l’opposition à Sarkozy. « Aujourd’hui, explique Brustier, ces électeurs font de l’antisarkozysme comme certains, par le passé, ont fait de l’antilepénisme. C’est une posture consensuelle, qui en appelle à la morale. »


Les années 1990, le tournant
Pour Daniel Boy, directeur de recherche au Cevipof, spécialiste notamment de la sociologie électorale et de l’écologie politique, cette inconstance propre au vote « bobo » « n’est pas impossible » : « Si l’on compare les résultats des municipales et des européennes, dans des arrondissements parisiens comme le 11e et le 18e, des arrondissements où les intellectuels peu fortunés peuvent encore se loger, c’est même relativement fondé. » Mais pour lui, le principe des « vases communicants » n'est pas nouveau. Il en veut pour preuve les régionales de… 1992 : « Le Parti socialiste était alors empêtré dans les affaires, notamment avec les lois d’amnistie. Il avait pris une claque et les écolos avaient fini très haut. » Selon Daniel Boy, les « années 1990 » marquent un tournant pour la gauche : « Les électeurs ont fait l’expérience de l’incapacité des politiques de nous sortir de la crise. Il en résulte la naissance d’un sentiment fort de déception. Cette déception favorise la bascule d’un scrutin à l’autre, la tentation de faire sortir les sortants. »



Europe écologie attire mais ne retient pas
La volatilité des électeurs écologistes est d’ailleurs sans doute la plus forte à gauche. C’est un fait. Même si tous les responsables d’Europe écologie s’échinent depuis dimanche à présenter leur formation politique comme une force désormais durablement installée dans le paysage. Ce sentiment était déjà palpable lors des élections européennes. La Fondation pour l’innovation politique avait par exemple noté qu’en juin dernier « 61% [de ses électeurs s’étaient] décidés dans la dernière semaine (contre 45% pour l’ensemble de l’électorat) ». S’ajoute à cela une sociologie très proche de celle décrite par Gaël Brustier : « 32% des cadres et des professions intellectuelles ont choisi des listes d’Europe Écologie, 24% des professions intermédiaires, 23% de ceux qui ont un diplôme de l’enseignement supérieur. » Daniel Boy note même dans l’édition 2010 de L’état de l’opinion (3) que « le pourcentage de personnes ayant suivi des études supérieures est à peu près identique » à EE (61%) et au MoDem (62%) contre « 47% des électeurs socialistes ». Géographiquement aussi, raison est donnée à Gaël Brustier : « Les départements dans lesquels les écologistes réalisent leurs meilleurs scores sont d’abord ceux de la région parisienne (Paris, 27,5% ; Hauts-de-Seine, 20,7%) ».

Une récente étude menée par OpinionWay pour Le Nouvel observateur vient confirmer cette idée de l’électeur écologiste véritablement Sans Chapelle Fixe : seuls deux électeurs sur cinq d’Europe éco aux européennes (42%) ont en effet récidivé aux régionales ! 25% ont finalement glissé un bulletin estampillé PS tandis que 20% ont préféré rester chez eux ou voter blanc. Il faut ajouter à ces électrons très libres, quelques transgresseurs : 5% ont franchi le Rubicon et opté pour une liste de droite.



Enfin, dernière statistique relevée par Le Nouvel observateur : près d’un tiers (28%) des bulletins EE déposés dimanche dans les urnes l’ont été par des abstentionnistes aux européennes. Pour Denis Pingaud d’OpinionWay, cela « prouve qu’Europe Ecologie devient une marque d'attraction forte ». Certes EE attire, mais a tout de même bien du mal à retenir…





Daniel Boy voit dans ce phénomène de « passerelles » entre EE et PS « une certaine cohérence » : « Aux élections européennes, certains électeurs ont eu des préoccupations environnementales et ont voté Europe écologie. Pour les régionales, ils ont eu des préoccupations sociales, ils ont voté socialiste. » Mais il précise que la volatilité de l’électeur écologiste ne date pas de la création d’Europe éco. Elle est presque historique : « Le taux de reproduction du vote écologiste, explique-t-il, est moins important que pour les partis très implantés comme peuvent l’être le PS ou le FN ».


Electeurs voyageurs car programmes indifférenciés ?
Reste à savoir s’il est possible pour les formations de gauche, à commencer par le PS, de fixer cet électorat. Daniel Boy n’y croit pas. Pourquoi les électeurs cesseraient de changer de crémerie quand les partis politiques, eux-mêmes, n’hésitent pas à aller piocher certaines thématiques (voire certains candidats) au-delà de leur périmètre traditionnel : « Les politiques babillent beaucoup. Il n’y qu’à voir l’opération “développement durable” menée par la droite ! » En clair, pourquoi les électeurs poseraient leurs valises dans une chapelle plutôt qu’une autre puisque toutes se ressemblent de plus en plus… Gaël Brustier n’y croit pas non plus. Le PS, selon lui, n’y a de toute façon aucun intérêt : « L’enjeu pour le PS n’est pas de fixer ce vote “bobo”. L’enjeu pour lui est de reconquérir le vote populaire. Mais pour cela il lui faudra faire des efforts intellectuels » et notamment « adopter une position claire et nette par rapport au libre-échange ».





Le PS est-il prêt à consentir à de tels « efforts » ? Ses responsables auront peut-être en tête que cette volatilité peut avoir un avantage majeur : permettre d’importants reports de voix au second tour comme le montre l’étude Ifop pour Profession politique réalisée pour le scrutin de dimanche prochain. Des réserves de voix qui font tant défaut à Nicolas Sarkozy depuis qu’il a eu cette judicieuse idée d’incorporer Chasseurs et troupes de Philippe de Villiers au sein de l’UMP…





(1) Selon les chiffres du Monde très différents de ceux du ministère de l’Intérieur…
(2) Recherche le peuple désespérément, Bourin éditeur, octobre 2009.
(3) L’état de l’opinion, TNS-Sofres aux éditions du Seuil, mars 2010.

Rédigé par Gaël BRUSTIER le Mercredi 24 Mars 2010 à 20:41 | Permalien | Commentaires (0)
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Paru dans L'Humanité du 19 mars 2010

Comment la gauche peut-elle reconquérir le vote des classes populaires  ?


GLOBALISATION FINANCIERE ET LIBRE-ECHANGE : L'AGGIORNAMENTO ATTENDU
Ap rès ces élections régionales, le grand impensé de la gauche française demeure la nouvelle géographie sociale du pays. Les chiffres parlent et les faits sont têtus. La gauche n’a pas reconquis les classes populaires. 53,65 % des Français se sont détournés des urnes dimanche dernier. 20,2 millions de Français seulement se sont donc déplacés et, parmi eux, 750 000 ont voté blanc ou nul. Seulement 44,63 % des Français ont donc émis un choix positif pour un parti ou un autre. Rappelons seulement qu’il y avait 36,7 millions d’électeurs au premier tour de la présidentielle de 2007… Pour la République, la volatilisation de 16,5 millions d’électeurs est un fait grave. Pour la gauche, la situation est extrêmement préoccupante. De victoires en trompe-l’œil en myopie historique, c’est la capacité des forces de gauche à peser durablement qui est posée. Au-delà des légitimes stratégies adoptées par chacune des familles de la gauche française, au-delà de la non moins légitime satisfaction du bon résultat relatif des uns et des autres, il importe de poser quelques questions fondamentales.

La gauche n’a donc pas reconquis les classes populaires. Si l’on tient compte de l’abstention, les forces de gauche ne progressent nullement, en particulier dans la France périphérique et majoritaire. La droite, en revanche, payant les conséquences d’une campagne confinant à l’incompréhensible, a été délaissée par ces mêmes classes populaires qui s’étaient tournées vers Nicolas Sarkozy en 2007. Les marges de l’aire urbaine parisienne sont ainsi marquées par un net reflux de la participation civique, bien supérieur au recul enregistré dans les villes centres. Une fois de plus, la France périphérique, majoritaire, celle des classes populaires, des ouvriers et des employés, s’est massivement détournée du vote.

Les scores des partis de gauche sont très forts là où les classes populaires sont largement absentes  : 67,1 % des électeurs du 3e arrondissement de Paris se sont prononcés pour les listes de gauche et d’extrême gauche. Europe Écologie demeure le parti de catégories sociales minoritaires concentrées, pour l’essentiel, dans les métropoles. Quant au vote Modem, PS, écologiste, il est, dans les métropoles également, victimes d’un effet de va-et-vient et de vases communicants permanent, de la présidentielle aux régionales en passant par les européennes. Le phénomène est évident à Paris. Pis, sur l’ensemble de la France, on constate un jeu à somme nulle en termes de nombre de voix portées sur la gauche dans sa grande diversité (PS et Europe Écologie d’une part, Front de gauche et NPA d’autre part). On n’assiste nullement à un effondrement de l’UMP par rapport à 2004 mais en revanche à celui du nombre des voix accordées au centre droit (de l’UDF au Modem, les pertes se chiffrent en millions). L’hypothèse à retenir semble être celle d’une crise interne à la droite française. La vieille droite française ne veut pas mourir, la nouvelle droite ne parvient pas à naître. Nicolas Sarkozy est-il en passe, de ce point de vue, de perdre le pari de sa révolution conservatrice  ? A-t-il lu, lui qui disait s’en inspirer, Gramsci jusqu’au bout  ? Comme son élection en 2007, la crise de la droite se lit dans la géographie sociale de notre pays, une géographie encore hélas largement ignorée par les quelques intellectuels de système qui font l’opinion d’une social-démocratie en panne de carburant idéologique.

Face à cette géographie sociale française qui oppose des villes centres connectées à la mondialisation néolibérale et des zones périphériques qui en pâtissent fortement, les forces de gauche, dans leur diversité, semblent avoir curieusement adopté un unique mot d’ordre  : « Ne pas désespérer la rue Montorgueil  ! » De fait, elles ne parviennent pas à reconquérir les suffrages de cette France majoritaire et périphérique, de la France des usines qui ferment et dont les habitants craignent chaque semaine une délocalisation ou un plan social. L’abstention revêt de la part de ces électeurs une dimension d’insoumission civique manifeste. Il y a pourtant, en France, de la part des classes populaires une aspiration à voir renaître un vrai projet politique pour leur pays…

La difficulté à délivrer une vision du monde cohérente et porteuse d’espoir dans des élections régionales est réelle. Bien souvent, les conseils régionaux sont considérés comme des infirmières parcourant le champ de bataille dévasté de la mondialisation néolibérale. Il faut désormais penser au-delà de ces élections et bâtir une coalition sociale majoritaire pour l’élection présidentielle de 2012. Les forces de gauche devront faire leur aggiornamento sur la question de la globalisation financière et du libre-échange notamment. La France demeure, à 60 %, un pays d’ouvriers et d’employés. C’est à eux qu’il s’agit de parler. Si l’on veut être électoralement efficace, il importe de penser en nombre d’inscrits et non de votants. Qu’adviendra-t-il d’une gauche qui gagnerait avec une faible participation  ? Elle serait victime de l’hégémonie culturelle d’une droite qui, dans tout l’Occident, n’a pas désarmé, loin de là. Le moment historique que nous vivons incite la gauche à engager un véritable combat culturel et à retrouver les classes populaires. En aura-t-elle la volonté  ?


Rédigé par Gaël BRUSTIER le Mercredi 24 Mars 2010 à 20:25 | Permalien | Commentaires (0)
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Rédigé par Gaël BRUSTIER le Lundi 8 Mars 2010 à 21:33 | Permalien | Commentaires (1)
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JSL du 6 mars 2010


DANS LE JSL DU 6 MARS...

Rédigé par Gaël BRUSTIER le Lundi 8 Mars 2010 à 21:30 | Permalien | Commentaires (0)
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Samedi matin, je serai chez moi, à Gueugnon, pour une amicale séance de dédicaces...


DEDICACES A GUEUGNON

Rédigé par Gaël BRUSTIER le Mardi 2 Mars 2010 à 20:53 | Permalien | Commentaires (0)
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